(pour la couronne c’est une fantaisie de ma création, pas la réalité)
À l’origine, la galette des rois vient de loin, très loin même. À l’époque des Romains, pendant les Saturnales, maîtres et esclaves mangeaient ansanm (mangeaient ensemble) autour d’un grand repas. Un gâteau était partagé, avec une fève cachée dedans. Celui qui trouvait la fève devenait roi pou la journée (roi pour la journée), un jeu qui symbolisait la chance, la fécondité et le renouveau.
Avec le temps, la tradition arrive en Europe. Au Moyen Âge, celui qui tombait sur la fève devait souvent payer son tour ou offrir à boire. Puis, à partir du XVIᵉ siècle, l’Église associe cette coutume à l’Épiphanie, la fête qui célèbre la visite des Rois mages à l’enfant Jésus.
À La Réunion, la galette s’est adaptée à la culture locale. Dans les boulangeries, on trouve surtout la galette à la frangipane, mais aussi des brioches, et parfois des gâteaux revisités avec des goûts péi (saveurs locales) : coco, vanille Bourbon, fruits tropicaux. Ici, pas de cérémonial compliqué : on coupe la galette, on rigole, et si ou tombe su la fève (si tu tombes sur la fève), ou devient roi ou reine, souvent juste pou le fun (juste pour s’amuser).
La fève aussi a changé avec le temps. Autrefois un simple haricot sec, elle est devenue en porcelaine puis en céramique, parfois décorée avec des motifs modernes ou tropicaux. Certains les gardent même en souvenir, telman zot lé jolies (tellement elles sont jolies).
Aujourd’hui, même si la galette des rois est une tradition venue de métropole, elle fait maintenant partie des petits plaisirs de janvier à La Réunion. Qu’elle soit classique ou revisitée à la créole, l’important reste le même : partager, manger ansanm (manger ensemble) et passe un bon moment (passer un bon moment).