Le Père Noël en vacances à La Réunion (avec traductions)
Chaque année, avant d’affronter sa grande nuit de cadeaux, le Père Noël s’offre quelques jours de repos bien mérités. Et cette fois encore, il a choisi son ti péi préféré (son petit pays préféré) : La Réunion.
Dès qu’il posa le pied sur le tarmac, le soleil le réchauffa tellement qu’il déclara :
« Ayo, na poin manteau rouge aujourd’hui ! »
(Ayo = expression de surprise ; na poin = il n’y a pas / je n’ai pas)
Il enfila son bermuda de compèt et son t-shirt, et se mêla discrètement à la foule du marché de Saint-Paul, dégustant un bonbon piment et « sandwich américain aux bouchons », avant de s’installer au bord de la mer.
Le ressac était agréable. Le Père Noël sortit un livre offert par un lutin librocubiculariste :
L’appel des gramoun.
À peine avait-il commencé, que Ti Coco l’attrapa par la main. Cette aventure joyeuse et chaleureuse lui nourrissait l’âme : « Sa lé dou sa ! » (Ça c’est doux !) murmura-t-il en tournant les pages, ému par les récits des anciens, la beauté et les esprits de la nature, mais aussi ravi par les plats délicieux et les douceurs sucrés évoquées… Il se sentit si bien qu’il en oublia presque qu’il avait une mission importante à finaliser.
Le soir venu, installé dans une ti-case (petite case) en bois du côté de Saint-Leu, il prit une feuille et laissa parler son cœur.
Lettre du Père Noël (avec traductions)
Chers amis,
Pendant mes vacances à La Réunion, avant ma longue nuit du 24 décembre, j’ai eu la chance de lire un roman qui m’a touché du fond du cœur : L’appel des gramoun.
Ici, au milieu du bruit des vagues et du parfum du géranium Bourbon, ce livre m’a rappelé que :
« La Réunion lé tou sa, bann gramoun, la natir, la kiltir, le séga et le maloya, bann zistoir lontan,… »
(La Réunion, c’est tout ça : les anciens, la nature, la culture, le séga et le maloya, les histoires d’autrefois…)
J’ai été profondément touché par la chaleur, la sensibilité et la magie qui se dégagent de ces pages.
« Mi aim’ a ou, roman-là. » (Je t’aime bien, toi le roman.)
Il m’a tenu compagnie comme un bon camarade pendant tout mon séjour.
Je repars bientôt vers le pôle Nord plein d’énergie, mais je garderai dans mon cœur cette île, ses sourires et l’écho des gramoun qui veillent encore.
Avec toute mon affection,
« Gros kèr i bat pou zot ! » (Mon grand cœur bat pour vous.)
Papa Nwel